La guerre au Moyen-Orient continue de s’étendre. Douze jours après le début des hostilités, les opérations militaires se multiplient sur plusieurs fronts, tandis que les tensions gagnent les routes maritimes stratégiques du Golfe et que la communauté internationale redoute une escalade régionale.
Mercredi matin, l’armée israélienne a annoncé avoir lancé une nouvelle série de frappes « à grande échelle » visant plusieurs cibles en Iran ainsi que des positions du Hezbollah au Liban. Selon un communiqué militaire, ces opérations ont ciblé des « infrastructures du régime » iranien dans différentes régions du pays. Au Liban, des frappes ont également touché Beyrouth, notamment dans la banlieue sud de la capitale, bastion du Hezbollah.
Frappes et bilan humain au Liban
La situation reste particulièrement tendue au Liban. Une frappe israélienne sur la plaine de la Békaa, dans l’est du pays, a fait sept morts et dix-huit blessés selon le ministère libanais de la Santé. Les bombardements se poursuivent également dans plusieurs quartiers de Beyrouth.
Selon les autorités sanitaires libanaises, les frappes israéliennes ont causé la mort de 570 personnes depuis le début de l’escalade, dont 84 victimes pour la seule journée de mardi. Les opérations militaires continuent d’alimenter les inquiétudes d’une extension du conflit sur le territoire libanais.
Tensions maritimes autour du détroit d’Ormuz
Parallèlement aux combats terrestres, les tensions se déplacent vers les routes maritimes stratégiques. La marine thaïlandaise a annoncé qu’un vraquier battant pavillon thaïlandais, le Mayuree Naree, avait été attaqué alors qu’il transitait dans le détroit d’Ormuz. Des opérations de secours sont en cours pour évacuer les 23 membres d’équipage.
Selon l’agence maritime britannique UKMTO, plusieurs navires marchands — un porte-conteneurs, un cargo et un vraquier — ont également été touchés ces derniers jours par des projectiles non identifiés dans cette zone stratégique.
Les États-Unis ont indiqué mardi avoir détruit 16 bateaux iraniens poseurs de mines à proximité du détroit d’Ormuz, par où transitent une part essentielle des exportations mondiales de pétrole. Washington a également mis en garde Téhéran contre toute tentative de minage du détroit, évoquant de possibles « conséquences militaires ».
Menaces iraniennes contre des cibles économiques
Dans ce contexte, l’Iran a haussé le ton. L’armée iranienne a déclaré vouloir cibler les « centres économiques et les banques » américains et israéliens situés dans les pays du Golfe. Le quartier général de Khatam al-Anbiya, affilié aux Gardiens de la Révolution, affirme que les frappes israélo-américaines menées contre des infrastructures iraniennes ont ouvert la voie à de nouvelles représailles.
La télévision d’État iranienne a également affirmé que Téhéran avait lancé « la vague de frappes la plus violente depuis le début de la guerre », visant notamment des installations américaines et israéliennes dans la région. Les médias iraniens évoquent notamment une attaque contre la base militaire américaine d’Arifjan, au Koweït.
Drones et tensions sécuritaires dans le Golfe
La guerre continue également de produire des incidents sécuritaires dans les pays voisins. À Dubaï, deux drones sont tombés mercredi près de l’aéroport international, blessant quatre personnes. Les autorités de l’émirat ont toutefois indiqué que le trafic aérien n’avait pas été perturbé.
En Iran, les autorités ont renforcé leur posture sécuritaire intérieure. Le chef de la police iranienne a averti que toute manifestation contestant le pouvoir serait désormais considérée comme un acte « ennemi ».
Par ailleurs, des responsables iraniens ont affirmé que le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, blessé lors du raid qui a coûté la vie à son père Ali Khamenei au premier jour de l’offensive, était « sain et sauf ». Il n’a toutefois pas fait d’apparition publique depuis.
La guerre secoue les marchés de l’énergie
Au-delà du terrain militaire, la guerre produit déjà des effets économiques mondiaux. Les prix du pétrole repartent à la hausse, atteignant environ 92 dollars pour le Brent et 88 dollars pour le WTI mercredi matin.
Face à cette flambée, l’Agence internationale de l’énergie envisage un recours massif aux réserves stratégiques de pétrole afin de stabiliser les marchés.
Les dirigeants du G7 doivent également se réunir en visioconférence avec le président français Emmanuel Macron afin d’évaluer les conséquences économiques du conflit et d’examiner les options pour limiter l’impact sur l’approvisionnement énergétique mondial.
Des appels à la désescalade
Au milieu de cette escalade, plusieurs voix appellent à une désescalade rapide. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a exhorté mercredi à « mettre fin à la guerre avant qu’elle n’embrase complètement la région ». Ankara affirme poursuivre ses efforts diplomatiques pour ramener les parties à la table des négociations.
Mais malgré ces appels, aucune issue politique ne se dessine pour l’instant. Sur le terrain comme dans les couloirs diplomatiques, le conflit semble désormais entrer dans une phase d’incertitude où chaque nouvelle frappe accroît le risque d’un embrasement régional.


